2nd concours interne Admission

Mise en situation collective

Épreuve orale d'admission unique au 2nd concours interne : un groupe de candidats confronté à un cas professionnel, suivi d'une auto-évaluation individuelle. Une épreuve qui évalue vos qualités humaines et managériales autant que vos connaissances.

Épreuve spécifique au 2nd concours interne

La mise en situation collective n'existe que dans le 2nd concours interne d'officier de police. Elle n'a pas d'équivalent dans le 1er concours interne, où l'épreuve de mise en situation est individuelle. Cette épreuve vise à observer comment les futurs officiers se comportent en groupe, ce que les autres épreuves écrites ou solitaires ne peuvent pas révéler.

3 à 6

candidats par groupe

45 min

discussion collective

15 min

auto-évaluation

Coeff. 2

chaque phase

Déroulé de l'épreuve

  1. Préparation individuelle (~15 min)

    Chaque candidat prend connaissance d'un document présentant la situation professionnelle. Ce temps de préparation permet de s'approprier le cas, d'identifier les enjeux et de préparer ses arguments. Aucun document personnel n'est autorisé — tout se passe de mémoire.

  2. Discussion collective (45 min)

    Le groupe discute librement de la situation sans animateur désigné. Le jury observe sans intervenir. Il n'y a pas de "bonne" réponse unique au problème posé : ce qui est évalué, c'est la façon dont le groupe travaille ensemble pour construire une réponse commune. Chaque candidat doit contribuer de manière substantielle.

  3. Auto-évaluation individuelle (15 min)

    Chaque candidat est interrogé séparément par le jury sur sa propre performance dans la phase collective. Comment avez-vous évalué votre contribution ? Qu'auriez-vous fait différemment ? Cette phase mesure votre capacité à l'auto-critique lucide et constructive — une compétence essentielle pour un officier.

Compétences évaluées

Coopération et travail en équipe

Capacité à construire collectivement, à intégrer les idées des autres dans son raisonnement, à avancer ensemble vers un objectif commun plutôt que défendre sa position à tout prix.

Leadership et initiative

Prendre des initiatives pertinentes, proposer une structure à la discussion, relancer le groupe quand il tourne en rond — sans pour autant imposer ses vues ou monopoliser la parole.

Écoute et communication

Reformuler les propos des autres pour montrer qu'on les a compris, répondre à leurs arguments plutôt qu'aux siens propres, s'adapter au rythme du groupe.

Analyse et synthèse

Identifier rapidement les enjeux clés de la situation, hiérarchiser les problèmes, proposer des solutions opérationnelles, synthétiser les positions du groupe pour avancer.

Conseils de posture

Les comportements qui font la différence

  • Soyez force de proposition dès le début. Dans les premières minutes, quand le groupe cherche à s'organiser, proposez une structure ("si vous êtes d'accord, on pourrait d'abord identifier les enjeux puis chercher des solutions ?"). Cela vous positionne comme un leader sans être autoritaire.
  • Reformulez avant de contredire. Avant d'exprimer un désaccord, montrez que vous avez compris la position de votre interlocuteur : "Si je comprends bien, tu proposes de... C'est intéressant, mais j'aurais une réserve sur...". C'est ce que font les bons managers.
  • Encouragez les silencieux. Si un candidat n'a pas pris la parole depuis plusieurs minutes, invitez-le à s'exprimer : "Et toi, quelle est ton analyse de cette situation ?". Le jury remarque ce type d'initiative collective.
  • Gérez le temps. Si vous êtes à mi-chemin et que le groupe tourne en rond, signalez-le : "Il nous reste 20 minutes, peut-être qu'on devrait converger vers des conclusions ?". C'est un réflexe d'officier.
  • Terminez en proposant une synthèse. Si la discussion approche de la fin, proposez une reformulation de ce sur quoi le groupe s'est accordé. Même imparfaite, cette initiative est valorisée.

Pièges à éviter absolument

Les comportements rédhibitoires

  • L'agressivité ou l'interruption systématique. Couper la parole, contredire brutalement, avoir l'air condescendant envers les autres candidats : ces comportements sont immédiatement pénalisants. Vous êtes un futur encadrant, pas un compétiteur.
  • La passivité totale. Parler uniquement quand on vous interpelle, ne jamais prendre d'initiative, faire semblant d'écouter sans contribuer : le jury notera votre absence. Un officier ne peut pas se permettre de rester en retrait quand son service a besoin de lui.
  • Le hors-sujet délibéré. Développer longuement des aspects marginaux du cas pour montrer vos connaissances au détriment de l'avancée collective. La discussion doit progresser ; vous devez y contribuer positivement.
  • La performance théâtrale. Simuler une empathie ou une solidarité qui sonne faux, adopter des postures de leadership calculées. Le jury voit des dizaines de groupes — il reconnaît l'authenticité.
  • La monopolisation de la parole. Même si vos arguments sont bons, occuper 80% du temps de parole du groupe est un défaut majeur. Un bon leader sait aussi quand se taire.

L'auto-évaluation : une phase décisive

Beaucoup de candidats sous-estiment cette phase de 15 minutes. Elle est pourtant notée avec le même coefficient que la phase collective (coeff. 2). Le jury attend une réflexivité sincère et lucide sur votre propre performance — pas une liste de qualités ni une autocritique excessive.

Ce que le jury demande : "Comment avez-vous évalué votre contribution dans ce groupe ?" / "Qu'auriez-vous fait différemment ?" / "Quel a été votre rôle dans la discussion ?"

Ce qu'il faut éviter :

  • L'autosatisfaction ("j'ai pensé avoir beaucoup apporté") sans analyse — c'est perçu comme un manque de recul
  • L'auto-flagellation excessive ("j'ai été nul, j'aurais dû parler plus") — c'est perçu comme de l'instabilité émotionnelle
  • Critiquer les autres candidats — absolument prohibé

Ce qui fonctionne : Identifier une ou deux choses qui ont bien fonctionné, une chose à améliorer, et expliquer concrètement ce que vous feriez autrement. Montrer que vous avez la capacité d'analyser votre comportement comme vous analyseriez celui d'un de vos agents.

Exemple de réponse bien construite : "J'ai contribué à structurer la discussion en proposant un cadre dès le début, et j'ai essayé de m'assurer que chacun puisse s'exprimer. En revanche, j'ai eu tendance à reprendre la parole trop rapidement quand une idée me venait, sans laisser à tous le temps de réfléchir. Dans une situation réelle d'animation d'équipe, je ferais davantage attention à ménager des silences après mes propositions."

Comment se préparer ?

Entraînez-vous en groupe

Cette épreuve ne peut pas se préparer seul. La seule façon de progresser est de s'entraîner en groupe avec des collègues candidats ou des proches, en simulant des cas professionnels (20-30 minutes de discussion sur un scénario fictif, suivi d'un débriefing collectif).

Si vous connaissez d'autres candidats au même concours, organisez des sessions régulières. Choisissez des cas tirés de l'actualité policière (article de presse, rapport parlementaire, incident fictif dans un commissariat). Débriefez ensuite : qui a trop parlé ? qui n'a pas assez contribué ? quelles idées ont manqué ?

Les jeux de rôle et les activités de team-building en milieu professionnel (formation continue, stages de management) peuvent aussi vous donner des clés. Lisez également des ouvrages de communication et d'intelligence collective pour enrichir votre vocabulaire et votre posture.