2nd concours interne Admissibilité

Étude de cas — Situation professionnelle

Analyse d'une situation professionnelle à partir d'un dossier documentaire, 3 heures, coefficient 2. C'est l'épreuve écrite reine du 2nd concours interne : elle évalue votre capacité à analyser, à problématiser et à formuler des propositions concrètes de cadre intermédiaire de la police nationale.

3 heures

durée

Coeff. 2

coefficient

~20 pages

dossier documentaire

Propositions

attendues du jury

Nature de l'épreuve

L'étude de cas est une épreuve écrite d'admissibilité spécifique au 2nd concours interne. Elle diffère du cas pratique du 1er interne par son angle résolument professionnel : le dossier présente une situation concrète ancrée dans la réalité policière — gestion d'une crise, problème managérial dans un service, situation opérationnelle complexe, relation avec la population ou les partenaires institutionnels.

Le jury attend d'un candidat au grade d'officier qu'il soit capable de :

  • Comprendre et analyser une situation à partir de documents de natures variées (rapports, notes de service, données statistiques, articles de presse, textes réglementaires)
  • Identifier la problématique centrale et les enjeux associés
  • Formuler des propositions argumentées, réalistes et opérationnelles adaptées au niveau d'un lieutenant de police
  • Rédiger de façon claire et structurée, avec un vocabulaire professionnel adapté

Méthodologie en 4 étapes

Étape 1 sur 4 Lecture active du dossier (30 min)

Étape 1 — Lecture active du dossier (30 minutes)

Commencez par lire rapidement l'ensemble du dossier en identifiant la nature de chaque document (rapport, note, statistique, texte légal, article). Annotez au crayon les passages importants. À ce stade, ne cherchez pas encore à structurer votre réponse.

Lisez ensuite attentivement la ou les questions posées : elles délimitent précisément ce que le jury attend. Revenez au dossier avec les questions en tête pour une seconde lecture ciblée. Repérez dans le dossier les éléments qui répondent directement à chaque question.

À noter : le dossier contient des documents redondants ou secondaires volontairement. Ne cherchez pas à tout utiliser — sélectionnez ce qui est pertinent.

Étape 2 — Identification de la problématique (20 minutes)

La problématique n'est jamais donnée explicitement dans le sujet — c'est à vous de la formuler. Elle doit synthétiser la tension centrale du cas : entre contraintes opérationnelles et exigences légales, entre nécessités du service et bien-être des agents, entre efficacité et respect de la déontologie, etc.

Une bonne problématique se formule en une ou deux phrases qui montrent que vous avez compris l'enjeu réel de la situation, pas seulement sa description factuelle. Exemple : "Comment concilier les objectifs de traitement de la délinquance de voie publique avec les contraintes de personnel et le respect des procédures dans ce commissariat sous-doté ?"

Esquissez ensuite votre plan en 2 ou 3 grandes parties avant de commencer à rédiger.

Étape 3 — Analyse et rédaction (1h45)

Rédigez votre production en respectant votre plan. Chaque partie doit :

  • S'appuyer sur des éléments concrets du dossier (citez les documents)
  • Articuler l'analyse avec des connaissances professionnelles personnelles
  • Déboucher sur des préconisations opérationnelles

Vos propositions doivent être réalistes et proportionnées au niveau hiérarchique d'un lieutenant de police : ne proposez pas des réformes nationales ou des changements législatifs qui dépassent vos attributions. Pensez plutôt aux leviers à votre disposition : réorganisation du service, formation des agents, amélioration de la communication interne, collaboration avec les partenaires locaux, etc.

Étape 4 — Relecture et finalisation (25 minutes)

Ne négligez pas la relecture. Le jury est attentif à la qualité de la rédaction. Vérifiez :

  • La cohérence d'ensemble (votre conclusion répond-elle à votre problématique ?)
  • L'orthographe et la syntaxe (les fautes répétées pénalisent la note)
  • La lisibilité (paragraphes bien délimités, transitions claires)
  • L'équilibre des parties (une partie ne doit pas écraser les autres)

Ce que le jury évalue

Critères d'évaluation de l'étude de cas
Critère Ce qui est attendu Erreurs fréquentes
Compréhension du dossier Exploiter les documents pertinents, distinguer l'essentiel de l'accessoire Tout résumer sans analyser, ou ignorer des documents importants
Identification des enjeux Formuler une problématique claire et pertinente Problématique trop vague ou trop descriptive
Qualité de l'analyse Articuler les éléments du dossier avec vos connaissances professionnelles Rester en surface, ne pas prendre position
Pertinence des propositions Proposer des solutions concrètes adaptées au niveau d'officier Propositions vagues, irréalistes ou hors des attributions d'un lieutenant
Qualité rédactionnelle Clarté, précision, vocabulaire professionnel, orthographe Jargon excessif, fautes répétées, phrases trop longues

Thèmes fréquents de l'étude de cas

Cas de conflits internes dans un service, gestion de personnels en difficulté (absentéisme, comportement), intégration de nouveaux agents, dialogue social avec les organisations syndicales, accompagnement du changement lors d'une réorganisation. Vous devrez montrer votre posture managériale sans tomber dans l'autoritarisme ni le laxisme.

Connaissances utiles : statut de la fonction publique, protection fonctionnelle, procédures disciplinaires, rôle des organisations syndicales dans la police.

Situation de crise à gérer (émeute, afflux de plaintes, incident critique), montée en puissance de la délinquance dans un secteur, organisation d'une opération de sécurisation, coordination avec les services partenaires (sapeurs-pompiers, SAMU, gendarmerie, douanes, polices municipales).

Connaissances utiles : doctrine du maintien de l'ordre, schéma national du maintien de l'ordre (SNMO), plan ORSEC, état-major de sécurité, CLSPD/CISPD.

Situation mettant en jeu le respect des droits fondamentaux (contrôle discriminatoire allégué, usage de la force contesté, plainte pour violence), tensions avec la presse ou les élus locaux, demandes de transparence sur les méthodes policières. Ces sujets testent votre maturité institutionnelle et votre sens de la responsabilité.

Connaissances utiles : code de déontologie de la police nationale, rôle de l'IGPN, mission du Défenseur des droits, procédure de signalement interne.

Mise en place d'un contrat local de sécurité, collaboration avec les services sociaux et l'Éducation nationale, rôle des associations de prévention, participation aux CLSPD, articulation avec la police municipale. Ces cas valorisent une vision large du rôle de l'officier dans l'écosystème local.

Connaissances utiles : loi de prévention de la délinquance de 2007, instances de coordination locale, politique de la ville, contrats de ville.

Conseils de rédaction

Points d'attention essentiels

  • Adoptez le registre du professionnel, pas du juriste. L'étude de cas n'est pas un QRC de droit pénal. Votre rédaction doit être opérationnelle, concrète, et non une démonstration de connaissance académique.
  • Citez les documents du dossier pour appuyer vos arguments, mais ne les résumez pas mot à mot. Le jury sait ce qu'ils contiennent.
  • Placez-vous dans la peau d'un officier. Vos propositions doivent refléter ce qu'un lieutenant de police peut faire à son niveau : encadrer, organiser, coordonner, rendre compte, signaler. Vous n'êtes pas directeur central.
  • Structurez clairement avec des titres de parties apparents. Un correcteur qui corrige 200 copies apprécie la lisibilité.
  • Soignez l'introduction et la conclusion : l'introduction doit exposer le contexte, dégager la problématique et annoncer le plan ; la conclusion doit répondre à la problématique et ouvrir une perspective.